Dans son ouvrage L’art de jeûner, Françoise Wilhelmi de Toledo entre dans les fondements physiologiques du jeûne et ses aspects thérapeutiques, ainsi que dans la dimension psychique et spirituelle.
Nous essayons ici de vous faire entrer dans les principes du jeûne, en nous inspirant de ce livre, mais il reste évident que rien ne remplacera la lecture des ouvrages (voir la bibliographie > lien) des spécialistes qui ont étudié et expérimenté le jeûne, l’écoute des témoignages de jeûneurs, et pour les médecins, la lecture des études scientifiques.
Les Assises chrétiennes du jeûne permettront d’aborder l’ensemble des effets du jeûne : les aspects thérapeutiques, physiques, psychiques et spirituels, ainsi que sa dimension politique et sociale…

Tout d’abord, voici quelques notions sur le jeûne, à l’intention des débutants ou futurs jeûneurs, quelle que soit leur motivation initiale (thérapeutique, spirituelle ou autre…) :

- Le jeûne consiste à supprimer un temps donné la nourriture solide pour ne conserver qu’un apport liquide de bouillons de légumes et de jus de fruits. La diète se fait aussi à l’eau, à la tisane, au petit lait… Différentes méthodes existent, mais la plupart du temps à base de liquide.

- On ne s’arrête pas de manger du jour au lendemain : il s’agit dans les deux semaines précédant le jeûne de diminuer les quantités et changer la nature de l’alimentation (supprimer alcool, tabac, viande, graisse, sucre…) pour progressivement habituer le corps à l’ascèse alimentaire.

- Le début du jeûne est marqué par une purge qui vide l’intestin de son contenu, ce qui lui permet de se reposer et supprime la sensation de faim.

- La privation de nourriture est temporaire. De quelques jours à plusieurs semaines, le jeûne ne doit pas excéder 40 jours (comme par hasard, c’est la durée du jeûne de Jésus au désert et celle du Carême…).

-Le temps de la reprise alimentaire est considéré comme le plus délicat. Il doit également se faire progressivement, il ne s’agit évidemment pas de se jeter sur ses plats préférés a la sortie d’un jeûne.

 

A ceux qui redoutent les carences, et notamment de manquer de vitamines et de minéraux, l’apport de bouillons de légumes et de jus de fruits permettent d’y remédier. Sachant toutefois qu’une alimentation et un style de vie équilibrés ont en temps normal bien pourvu le corps de vitamines et minéraux et doit donc permettre de jeûner aisément.

Le jeûne ne doit pas être confondu avec l’anorexie ou la grève de la faim et il ne se résume pas à une simple cure d’amaigrissement. Le jeûne doit être compris dans sa dimension globale.
Au plan thérapeutique, les effets sont nombreux et se soigner par la diète est l’une des médecines les plus anciennes au monde.
L’observation des privations sur le monde animal est une source d’enseignements étonnante et inépuisable pour les hommes. Certains manchots ne mangent pas pendant des mois ainsi que les oiseaux migrateurs, dont la musculature et la taille du corps diminuent, sans pour autant réduire leur capacité de vol, de quoi laisser songeur... Plus généralement, dans le monde des mammifères, cette pratique, instinctive, est très courante et permet aux animaux de s’adapter au manque de nourriture.

Chez les hommes, les expériences hors du commun de personnes n’ayant rien mangé pendant des années - l’une des plus connues en France étant Marthe Robin – ne doit pas cacher le fait que tout le monde peut jeûner un temps donné, le nombre croissant de jeûneurs, d’associations et de sessions organisées, en témoigne. En Allemagne et en Suisse, cette pratique est assez répandue depuis longtemps, mais en France, elle prend de l’ampleur depuis quelques années seulement. Actuellement, quelques personnalités, dont Yannick Noah, ne cachent plus qu’ils jeûnent régulièrement…

Mais comme toute pratique médicale, le jeûne, à réserver aux adultes en bonne santé, n’est pas exempt de contre-indications : un jeûne ne doit pas se faire sans suivi.

L’absence d’apport de nourriture enclenche dans l’organisme humain un changement de fonctionnement et l’alimentation se fait non sur un apport extérieur, mais de l’intérieur.
Comment le corps s’alimente-t-il sur lui-même ?
Les réserves du corps humain sont nombreuses, à commencer par les tissus adipeux, en général assez bien pourvus dans notre société industrialisée. Le corps enclenche un système de pilotage automatique, dans lequel il se nourrit de l’intérieur en recyclant ses propres tissus.

Par exemple, au début du jeûne, le cerveau a besoin de glucose : il mobilise des protéines pour les convertir en glucose. Les apports de jus de fruit et de miel lui permettent ce travail.
Le corps hiérarchise ensuite son activité : le tube digestif étant au repos, le corps consomme tout ce qui ne lui est pas utile : la graisse, les excès d’eau, les cellules dénaturées ou endommagées par une nourriture de mauvaise qualité, les kystes, les tumeurs… Le corps est sage : il se débarrasse de ce qui lui nuit.

L’intestin, étant vidé de ce qu’il contient habituellement, il se régénère, se repose et se libère des toxines. Cette vaste opération de nettoyage permet à tout le corps de se purifier, les cellules fonctionnement mieux. L’activité qui se ralentit au niveau intestinal s’accélère ailleurs. On constate ainsi parmi d’autres exemples un renouvellement accéléré des cellules des cheveux et de la peau, ce qui provoque un rajeunissement, un effet très souvent constaté par les jeûneurs !

Le sel est drainé en même temps que l’excès d’eau et les veines se libèrent des dépôts sur leur paroi, permettant de diminuer les risques cardio-vasculaires, l’obésité, l’hypertension, certains diabètes… Les paramètres sanguins se normalisent (insuline, glucose, graisses).

Un autre motif de satisfaction : l’envie de fumer diminue ! Et si l’envie prend au fumeur d’arrêter, au lieu de grossir pendant la phase d’arrêt, il maigrit…

La flore intestinale s’assainit, l’ingestion d’antigènes alimentaires est stoppée : le système immunitaire est soulagé d’une partie de son travail et le foie, les reins et la vésicule biliaire se reposent.

La purification entraînée par la détoxication des cellules d’une part et l’arrêt de l’ingestion de substances antigènes et inflammatoires diminue par voie de conséquence les infections et inflammations, les douleurs liées à l’arthrose, les migraines…

A ceux qui rétorquent que la fatigue doit bien finir par l’emporter, la vitalité des jeûneurs temporaires viendra leur prouver le contraire. Ils noteront que 30 % de l’énergie vitale est consommée par le système digestif. Le jeûne permet donc de compenser le manque d’apport extérieur d’énergie par l’économie ainsi faite.

En résumé, toutes les surcharges, tout ce qui est étranger au fonctionnement naturel du corps, tout ce qui est nuisible disparaît, de l’intérieur en même temps que de l’extérieur.

Le corps le rend bien au jeûneur ! Santé et vitalité sont au rendez-vous pendant et après le jeûne. Renouvelé régulièrement (une à deux fois par an), voilà une thérapie préventive ou curative peu coûteuse, qui permet de réduire la prise de médicaments et qui soigne sans petites pilules. Notons que les systèmes de santé suisse et allemand ont d’ailleurs reconnu officiellement le jeûne et le remboursent…

 

Quelques contre-indications :

Le jeûne n’est pas sans quelques rares contre-indications : l’anorexie, l’amaigrissement extrême, la grossesse et l’allaitement, et quelques maladies très précises.
Quoi qu’il en soit, le jeûne, comme tout ce qui a trait à la santé ne doit pas être pratiqué sans avis médical.

 

La vitalité est au rendez-vous après un jeûne, c’est l’un des nombreux effets secondaires. Les jeûneurs retrouvent une harmonie intérieure. Choisir de jeûner librement, sans contrainte, autorise une attitude intérieure positive qui permet le développement personnel. A l’allègement du corps se joint un travail de l’esprit et du psychisme.

Les jeûneurs témoignent généralement d’un gain en bien-être, en vitalité, en harmonisation des émotions, en diminution du stress et en introspection et du recul par rapport aux préoccupations quotidiennes.
Il est prouvé que le jeûne stimule la production d’hormones du bonheur, aux effets anxiolytiques et antidépresseurs, ce que des médicaments psychotropes, le chocolat ou les drogues peuvent également apporter. Mais sans rien avaler…
Le jeûne permet d’interrompre les schémas comportementaux habituels en cas de stress ou de frustration et c’est précisément ce qui permet une libération intérieure. En quelques jours, on retrouve une forme physique et psychique étonnante, un sommeil de bonne qualité, des sens aiguisés.

L’allègement dû à la privation libère l’esprit de ses attaches, de ses contraintes habituelles et laisse la place à d’autres désirs : la créativité, l’énergie spirituelle, les émotions vraies de l’enfance, les désirs existentiels. On entre en contact avec sa vérité profonde et c’est ainsi que de nombreuses personnes, lors de jeûnes, renouent avec elles-mêmes et sont amenées à faire des choix de vie, résoudre des conflits ou prendre des décisions, libérer leur créativité, toutes choses précédemment refoulées ou en attente.

De nombreuses grossesses ont lieu après un jeûne. Certaines médecines préconisent même aux parents qui souhaitent concevoir ou ont des difficultés à le faire de jeûner quelques temps avant… Est-ce dû à la libération du stress, au lâcher prise, à la régénération du corps, ou à la disponibilité accrûe à la vie dans la tête et le corps ?

Certains atteignent d’autre niveaux de conscience avec le jeûne, la non-consommation ne s’accompagnant pas d’un manque. Françoise Wilhelmi de Toledo dit dans son livre : « La faim physique étant absente, le jeûne donne accès à un monde de perceptions subtiles et de plaisirs non matériels que le docteur Otto Buchinger nommait la gastronomie de l’âme. Sœur Christianne Meroz décrit dans son livre La mystique du quotidien, comment on accède à ce niveau de conscience qui nous ouvre de nouveaux horizons : par l’émerveillement, la curiosité, la concentration, la rêverie et enfin, la bénédiction.  »

A l’école du lâcher prise, l’attention du jeûneur étant concentrée sur l’intérieur et non plus ce qui vient de l’extérieur, les témoignages de situations de déblocages ou de sensations d’éveil sont nombreux… D’où la possibilité d’atteindre un autre niveau énergétique, une vérité à soi profonde et une spiritualité authentique, que de nombreuses philosophies et religions ont expérimenté depuis toujours…